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237 plats à base de poisson... ça manque de poisson !

La CLCV vient de publier les résultats d’une enquête menée sur 237 produits de la mer : la qualité et le poisson trop rarement au rendez-vous !

Deux ans après une précédente enquête sur les produits à base de poisson, l’association de consommateurs CLCV a décidé de s’intéresser de nouveau à ce sujet pour voir si les pratiques avaient évolué. Au total, ce sont pas moins de 237 produits de marques nationales et distributeurs qui ont été passés au crible dans 7 catégories : panés, hachés, rillettes, surimis, soupes, parmentiers et brandades et plats cuisinés.

Quantité de poisson : globalement faible et très variable selon les produits

Au sein de toutes les catégories, les quantités de poisson varient beaucoup : du simple au triple, par exemple, pour les soupes (15 % à 45 %). Pour certains produits, elles sont faibles. C’est le cas notamment pour des panés dont la part de poisson est inférieure à 50 %, ce qui est regrettable. Concernant la façon dont les quantités de poisson sont indiquées sur les étiquettes, des progrès sont notables depuis l’enquête de 2014. Mais des efforts sont encore attendus, notamment sur les panés.

Peu de filet, plus souvent de la chair de poisson

Dans les produits transformés, l’utilisation de filets de poisson est rare (hormis dans les plats préparés et les panés) puisqu’elle ne concerne que 24 % des 237 références de l’échantillon analysé. Le plus souvent, la matière première est de la chair de poisson que l’on retrouve dans les surimis, les parmentiers et dans la plupart des croquettes et rillettes de poisson. Or, malgré les demandes de l’association auprès des pouvoirs publics, il y a deux ans, ce terme n’est toujours pas défini. Pire, pour de nombreux produits, exceptés pour les surimis, les étiquettes n’indiquent tout simplement pas s’il s’agit de filet ou de chair.

Du filet, vraiment ?

Les bâtonnets de poisson panés contiennent des filets, mais il faut savoir qu’il peut s’agir de morceaux de filets agglomérés. En effet, à partir d’un filet, les industriels découpent dans sa partie la plus épaisse des pavés de forme et de taille régulières qui sont directement surgelés sans être panés. Cette opération génère des chutes, c’est-à-dire des morceaux de filet irréguliers qui, eux, sont congelés en bloc et servent à faire des panés.

« chair », « chair hachée », « pulpe » : De quoi parle-t-on ?

S’il n’existe ni réglementation, ni norme ou code des usages pour définir ces termes, on peut estimer que, la chair, la chair hachée et la pulpe sont toutes trois issues de procédés mécaniques permettant de récupérer la chair restant sur les arêtes après la découpe des morceaux nobles du poisson (filet, darne, baron).

Concrètement, dans un court délai après le filetage, les chutes sont récupérées et passent dans des broyeurs et des presses d’où sort les chairs, chairs hachées et pulpe. La réglementation impose uniquement que la matière première engagée dans la fabrication de ces chairs et pulpes soit propre à la consommation humaine.

A la suite de la précédente enquête, un travail relatif à un code des usages des matières premières tendant à définir les produits « chair » et « pulpe » a été entrepris par les professionnels. La CLCV regrette que les associations de consommateurs n’y soit pas associées et que, près de deux ans plus tard, il n’ait pas encore abouti à définir ces produits, leurs procédés de fabrication et les critères de classification dans ces catégories.

Les panés destinés aux enfants semblent de moins bonne qualité que les autres

L’étude révèle que les panés destinés aux enfants (ceux dont le packaging les cible sans ambigüité) contiennent moins souvent de filet (environ 30 %) que les panés indifférenciés (52 %) et sont sensiblement moins riches en poisson (et donc en protéines) du fait de l’ajout notamment de purée de pommes de terre ou de fromage. De plus, ils sont aussi un peu plus riches en sel, sucre et matières grasses saturées. Il est inadmissible que les enfants ne puissent pas bénéficier de produits de qualité au moins équivalente à celle des autres références.

consommation Alimentation CLCV poisson