Visite francois hollande a dijon

Moi Président, je n’entendrai pas la colère de la rue

« Pas de manifestation, pas de dialogue, pas de rencontre, et surtout on n’écoute pas les propositions des organisations syndicales » voici résumée la visite du Président de la République à Dijon par les organisations syndicales CGT, FO, SOLIDAIRES et FSU.

Conference de presse intersyndicale 07 10

Les organisations syndicales de Côte d'Or, CGT, FO, FSU, et Solidaires désiraient profiter du déplacement du Président de la République, François HOLLANDE, à Dijon ce vendredi 7 octobre, pour lui faire part du mécontentement des salariés contre la Loi Travail mais également de leurs propositions. Pour ce faire, elles avaient prévues un rassemblement devant le Palais des Congrès et lui demander une audience avec lui-même ou l’un de ses conseillers. Le rassemblement devant le Palais des Congrès a été purement et simplement annulé par la préfecture qui a suggéré un rassemblement place de la République, c’est à dire hors de la vue du président et des médias. La demande d’audience étant assortie du respect de l’interdiction de manifester, les organisations syndicales n'ont pas souhaité y donner suites : « si on veut rencontrer un représentant de l’État, du coup il ne faut pas de manifestations et que les salariés expriment leur mécontentement » explique Sandrine MOUREY, Secrétaire Générale de l'UD CGT Côte d'Or, avant de poursuivre : “Pour nous c’est un véritable déni de démocratie”.

Sandrine MOUREY indique par ailleurs, qu’elle aurait bien aimé rencontrer le Président de la République pour évoquer, outre la Loi Travail et ses conséquences sur les salariés, des sujets locaux comme par exemple la zone internationale de tourisme ou la fermeture des urgences de l’hôpital de Montbard : « Résultat des courses, Dijon est une ville calme où il ne se passe rien » dit-elle en colère.

De mémoire syndicale, c’est la première fois qu’on interdit une manifestation syndicale en Côte-d’Or, aussi Edouard GUERREIRO, secrétaire général de l’Union Départementale Force Ouvrière de la Côte-d’Or, suggère à ses camarades des autres organisations syndicales à se retrouver rapidement pour demander un rendez-vous à la Préfète pour lui demander des explications : « Je ne souhaite pas que cette façon de faire se répète » indique-t’il.

Pour Élie LAMBERT de Solidaires 21, il s’agit là des conséquences de la loi de prolongation de l’état d’urgence du 21 juillet dernier qui prévoit l’interdiction de manifestations si les conditions de sécurité ne peuvent pas être assurées. « On voit bien la volonté clairement affirmée par le pouvoir politique de faire taire, en tous cas d’essayer de gommer de l’espace public toutes les manifestations qui pourraient être gênantes pour le pouvoir en place » avant d’ajouter : « On est dans une vision qui dépasse désormais le cadre républicain, on est vraiment face à un monarque républicain et ça c’est absolument inadmissible ».

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