La CGT opposée au travail dominical

A l'initiative de la Chambre de Commerce et d'Industrie, la CGPME et trois organisations syndicales (CFDT, CFTC et CGC) vont signer ce vendredi un accord permettant aux commerces l'ouverture de 5 dimanches en 2017. Dans un communiqué de presse, la CGT s'oppose à ces ouvertures dominicales et indique que la centrale ne signera pas cet accord.

Communiqué de presse : La CGT ne signera pas l’accord sur le travail du dimanche.

La période n’est pas favorable pour les salariés du commerce en Côte d’Or. Ceux-ci devront travailler 5 dimanches en 2017. L’accord initié par la CCI qui va être signé ce vendredi par la CGPME et 3 organisations syndicales : CFDT, CFTC et CGC permettra l’ouverture de 5 dimanches.
Pour la CGT, cette attitude est intolérable.
Aucun argument économique n'a été avancé par le Medef ou la CGPME pour justifier un dimanche de plus, sinon leurs affirmations dogmatiques sur l’évolution de la société, les modes de vie et de la consommation.
Depuis 2003, un accord entre les organisations syndicales et patronales préconisait une réduction et une harmonisation des ouvertures dominicales sur l'agglomération dijonnaise. Pour les salariés, cet accord était une réelle avancée sociale garant du repos dominical. L'ouverture à deux dimanches harmonisées au lieu de cinq dimanches faisait consensus.
Depuis 4 ans, le Medef est passé à l'offensive refusant de signer l'accord, avec la CGPME qui pour l’année 2015 cède à sa demande avec 3 organisations syndicales : CFDT, CFTC et CGC. Le nombre de dimanches travaillés passera à trois. Les organisations patronales s’acquittant d'une soit disant clause morale :
« L’extension de l’accord à un troisième dimanche, se fait à titre de test afin de mesurer la plus-value économique que représente une ouverture supplémentaire lors des soldes d’hiver ».
Puis en 2016, sans que les organisations patronales n'apportent les éléments économiques promis, justifiant une croissance économique ou la création d’emplois, la CGPME et 4 organisations syndicales : CFDT , CFTC , CGC et FO valident à nouveau l’accord initié par la CCI permettant l’ouverture de 4 dimanches avec toujours et sans complexe ce même engagement moral , d’en mesurer l’impact économique.
Et pour 2017, à quoi pouvions-nous nous attendre ?
Après la création d’une zone touristique internationale sur le centre ville de Dijon , si chère à Monsieur Rebsamen , permettant le travail en soirée jusqu’à minuit et l’ouverture de 52 dimanches , la CCI convie les organisations patronales et syndicales afin de trouver pour 2017 un accord et ceci en deux réunions expéditives : il en résultera une surenchère avec l’ouverture de 5 dimanches , validé par la CGPME et 3 organisations syndicales : CFDT , CFTC et CGC.
Des inégalités sociales entre les catégories de salariés seront ainsi aggravées. Il y aurait les salariés pauvres, précaires qui travailleraient le dimanche par obligation et d’autres qui pourraient consommer ! Les femmes, déjà sérieusement touchées par la précarité, seraient une nouvelle fois pénalisées.
Ceux qui prétendent que l’ouverture supplémentaire des magasins le dimanche crée de la croissance et donc de l’emploi n’ont jamais réussi à le démontrer et cela parce que... c’est faux. A pouvoir d’achat égal, je ne peux pas dépenser plus parce que les magasins sont ouverts plus souvent. Seuls de véritables augmentations de salaire permettront de développer la croissance.
Une période de crise est une période où la concurrence s’aiguise. Sur des marchés à faible croissance, les plus forts tentent de prendre des parts de marchés voire de tuer les concurrents en plus mauvaise posture. Le bénéfice de la dérèglementation est donc réservé à ceux qui déréglementent.
Pour la CGT, il n'est pas question d’être l'instrument de la destruction des petits commerces car seules la grande distribution, les grandes enseignes et centres commerciaux dégageront des profits.
Les amplitudes d’ouvertures sont suffisamment larges pour que le consommateur puisse trouver un moment en semaine et le samedi pour faire ses achats. Rappelons que de nombreuses enseignes ouvrent déjà les jours fériés. Notons aussi que les commerçants sont eux aussi attachés au repos dominical.
Le repos dominical doit rester un repère collectif. Il est un élément de cohésion sociale permettant à la population d’avoir des loisirs, de se cultiver, de décompresser des rythmes de travail de plus en plus intensifs. Il est une garantie pour la santé des salariés, pour de meilleures conditions de vie et de travail.
La CGT a décidé de combattre cette banalisation du travail dominical en menant le débat avec les salariés sur tous les enjeux du travail du dimanche. Elle réaffirme sa position sur ce sujet et entend poursuivre et intensifier la bataille des salaires, véritable réponse contre la généralisation du travail du dimanche.
 
Le 18 novembre 2016.

CGT Travail dominical