L eolien c est du vent

« L’éolien c’est du vent »

Le 24 septembre dernier, une soixantaine d’associations de Bourgogne et de Franche-Comté unissaient leurs forces dans leur lutte contre « le développement anarchique des aérogénérateurs » en donnant naissance à l’ACBFC. Ses membres entendaient faire entendre leur voix avec l’organisation de cette première manifestation à Dijon à peine trois semaines après la création du collectif. Parmi les slogans : « l’éolien c’est du vent » illustre parfaitement le scepticisme des participants à l’égard de l’énergie éolienne.

Un des objectifs de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte est que d’ici 2030, 1/3 de l’énergie consommée soit renouvelable. L’éolien devant y prendre toute sa part. Ainsi l'arrêté relatif aux objectifs de développement des énergies renouvelables prévoit de doubler la puissance installée des éoliennes terrestres d’ici 2023.

Face à ces enjeux nationaux, les opposants au « développement anarchique des aérogénérateurs »  s'organisent : « Un contre-pouvoir puissant, voilà ce que nous sommes devenus. Les décideurs vont entendre nos revendications deux fois plus fort », assure Michel de BROISSIA, président du tout nouveau collectif ACBFC et maire de Champagne-sur-Vingeanne. Ce collectif composé d’associations actives dans la défense de l’environnement, du patrimoine, du paysage et des habitants (une quarantaine en Bourgogne et une vingtaine en Franche-Comté) entend peser de tout son poids dans la politique, qu’il juge absurde, de déploiement de parcs éoliens en Bourgogne-Franche-Comté : « Notre région est l’une des moins ventées de France », rappelle le président. Malgré cela, le Schéma régional Climat Air Énergie (SRCAE) et son annexe le Schéma régional Éolien (SRE), approuvés en juin 2012, fixent un objectif de développement de l’éolien de 1 500 MW d’ici à 2020.

Le collectif, qui regroupe bon nombre d’amateurs éclairés et d’experts de la question énergétique, met en avant des arguments à la fois économiques, sanitaires et environnementaux mais également sociétaux et patrimoniaux. Des arguments qui, on s’en doute, ne vont pas dans le sens du vent !

L’ACBFC affirme, preuves à l’appui, que l’éolien s’avère peu rentable, cher, inopérant face au chômage et qu’il est source de pollution sonore audible, inaudible (infrasons) et lumineuse. Selon le collectif, il contribuerait, paradoxalement, à une augmentation des rejets de CO2. Pourquoi ? Parce que, toujours selon le collectif, son caractère intermittent et aléatoire imposerait la mise en service en parallèle d’autres unités de production électrique.

D’autre part, le collectif estime que nos campagnes sont abandonnées à l’appétit des sociétés privées ce qui engendre, entre autres, une dégradation du climat social et une altération des paysages : « Les citoyens sont bâillonnées, ignorés et bernés », regrette Michel de BROISSIA, ajoutant : « Un véritable débat doit avoir lieu en Bourgogne-Franche-Comté car contrairement à ce que notre personnel politique veut faire croire, il n’existe pas de consensus en faveur de l’éolien, loin de là ». Ceci dit, une récente enquête d'opinion de l'IFOP commandée par France Énergie Éolienne révèle que plus de 75% des citoyens français au minimum ont une image positive de l’éolien en France en 2016.

La première action de l’association nouvellement créée a été d’organiser une manifestation à Dijon ce 15 octobre qui a laquelle participaient environ 200 personnes : « Nous sommes suffisamment nombreux pour ne pas être ridicules » nous a indiqué Michel de BROISSIA satisfait de cette première démonstration de force.

Le cortège s’est rendu de la place de la Libération à la Préfecture où une délégation a été reçue.

Parmi les manifestants se trouvait Dominique LOISEAU qui s’est exprimée sur l’influence des parcs éoliens sur le tourisme, du moins en ce qui la concerne.

Les membres entendent continuer à faire du bruit et disent préparer d’ores-et-déjà « un autre coup d’éclat en Franche-Comté ».

Pourquoi la CAPEN 71 n'appelle pas à manifester contre les éoliennes le 15 octobre à DIJON…

C’est sous cet appel que l’une des plus importantes associations de protection de l’environnement de Saône-et-Loire affiliée à France Nature Environnement nous a communiqué un document intitulé : « LA CAPEN SOUTIENT L’ENERGIE EOLIENNE … sous certaines conditions »

La CAPEN 71 explique dans ce document que si elle est attentive aux questions que posent le développement industriel de cette filière, elle est plutôt favorable à l’éolien et explique pourquoi. Enfin l’association s’interroge sur qui sont ces nouveaux « protecteurs de l’environnement », spécialisés dans l’anti-éolien.

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