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Immigration : De plus en plus d’enfants en rétention

Dans un rapport, cinq associations dénoncent le doublement du nombre de mineurs placés en centres de rétention administrative (CRA) entre 2014 et 2015.

Pour la sixième année consécutive, cinq associations (Assfam, Forum Réfugiés, France terre d’asile, La Cimade et l’Ordre de Malte) intervenant dans les centres de rétention administrative (CRA) publient un rapport dans lequel elles passent au crible 24 centres de rétention : statistiques précises, témoignages et spécificités locales. L’édition 2015 indique que près de 48 000 personnes ont été privées de liberté dans les centres et locaux de rétention administrative.

Les associations intervenant en centre de rétention dénoncent le recours systématique et massif à la rétention et s’interrogent sur la finalité de ce dispositif. Sur les 48 000 placées en rétention, 22 000 ont été éloignées : « Vous voyez le gâchis humain, les détresses, les traumatismes » s’indigne Françoise DUGUET, bénévole à la CIMADE de Dijon.

En 2015, le nombre de mineurs placés en rétention avec leurs parents a plus que doublé par rapport à l’année 2014 (105 mineurs en 2015 contre 45 en 2014). Une situation qui persiste et s’amplifie malgré la condamnation en janvier 2012, de la France par la Cour européenne des droits de l’Homme pour cette pratique.

Pourtant, en 2012, le candidat Hollande, dans un courrier envoyé aux associations, écrivait : « Je veux prendre l'engagement, si je suis élu à la présidence de la République, à mettre fin dès mai 2012 à la rétention des enfants et donc des familles avec enfants ». Une circulaire du 6 juillet 2012 a bien permis de limiter cette pratique en métropole (64 mineurs en 2013 contre 312 en 2011) mais les chiffres repartent à la hausse. En théorie, selon les termes de la circulaire, l’enfermement devrait se limiter aux seules familles n’ayant pas respecté les conditions de l'assignation à résidence, en fuite ou ayant refusé l'embarquement, le délai de rétention ne pouvant excéder la durée strictement nécessaire à la préparation de l'éloignement. Mais ce texte n’a jamais été applicable à l’Outre-mer, notamment dans le département de Mayotte où plusieurs milliers d’enfants sont privés de liberté chaque année (4 378 en 2015).

Devant le constat d’un enfermement trop souvent abusif, inutile et disproportionné, les cinq associations rédactrices du rapport appellent une nouvelle fois la mise en oeuvre de véritables alternatives à la rétention.

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