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BNP Paribas cible d'une action contre l'évasion fiscale

A Dijon, comme partout en France, ce week-end a été agité dans les agences BNP Paribas. Le collectif des « Faucheurs de chaises », qui regroupe les associations des Amis de la Terre, ANV-COP21, Attac, Bizi! et le syndicat Solidaires Finances Publiques, ont mené en cette fin de semaine une cinquantaine d'actions « non violentes de désobéissance civile » visant des agences du groupe bancaire pour protester contre l'évasion fiscale.

A Dijon, ce sont ATTAC21, les Amis de la Terre Côte-d'Or et Nuit Debout Dijon qui ont relayé cette action nationale ce samedi 10 décembre dans une agence BNP PARIBAS.

Alors que bien d’autres banques participent aux différents montages qui permettent cette sortie massive de capitaux vers les paradis fiscaux, la BNP PARIBAS a été tout particulièrement ciblée car cette banque a porté plainte contre le militant non-violent Jon PALAIS, l’un des fondateurs du mouvement Alternatiba puis d’Action non violente COP 21 (ANV-COP 21). Il lui est reproché d’avoir participé à une action citoyenne et pacifique « de fauchage de chaises » dans une agence BNP PARIBAS en janvier 2015. Cette action avait déjà comme objectif d’alerter l’opinion publique sur l’évasion fiscale. Son procès aura lieu le 9 janvier prochain à DAX.

Les militants rappellent dans un communiqué de presse que le déficit de l’État français s’est élevé en 2015 à 77,4 milliards d’euros alors que l’évasion fiscale et la fraude fiscale sont estimées à 100 milliards d’euros :

40 à 60 milliards d’euros par an à cause de l’évasion fiscale

60 à 80 milliards d’euros par an à cause de la fraude fiscale

« A cette période de Noel, où les médias communiquent sur la magie de la fête, les cadeaux, les lettres des enfants,  il nous a semblé que bon nombre de citoyens pouvaient en profiter pour demander  de trouver des fonds pour financer les services publics : hôpitaux, écoles, transports et la  transition écologique … Et où les trouver sinon auprès des banques qui participent à l’optimisation fiscale et donc à la fuite de tout cet argent. C’est 60 à 80 milliards d’euros qui manquent chaque année au budget de l’état. »

Toujours selon les associations, la fraude fiscale coûterait à chaque citoyen 136,24 € par mois et la fraude sociale 6,81 € par mois.

Les associations dénoncent la traque et la stigmatisation de la fraude sociale qui, selon elles, serait 60 fois moins importante que la fraude fiscale alors que cette dernière serait, selon elles, moins condamnée :

« Alors que la fraude aux prestations sociales représente 60 fois moins que la fraude fiscale, elle est de plus en plus traquée et stigmatisée. Les fraudeurs fiscaux, quant à eux, bénéficient d’un traitement de faveur et ne sont quasiment jamais condamnés. Nous pouvons lutter concrètement contre cette impunité fiscale : en renforçant les effectifs et les moyens de l’administration fiscale, de la police fiscale et du parquet financier qui traquent la délinquance financière mais aussi en condamnant plus systématiquement les fraudeurs et leurs complices, les banques et les cabinets d’affaire. Si des dizaines de milliards d’euros échappent encore au fisc annuellement, c’est uniquement le résultat de des décisions politiques ».

Ils annoncent que le procès de Jon PALAIS du 9 janvier à DAX sera une tribune pour dénoncer « l’impunité judiciaire dont jouissent les délinquants fiscaux et leurs complices » et exiger des pouvoirs publics des mesures efficaces pour en finir avec l’évasion fiscale. Ils appellent également à une large mobilisation des citoyens pour faire évoluer la législation.

Crédit photo : ATTAC21, Les Amis de la Terre Côte-d'Or, Nuit Debout - Tous droits réservés

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