Conseil municipal dijon 25 01 16

Un conseil municipal sous le signe de l’austérité

Au conseil municipal d’hier soir, à Dijon, il a été questions de gros sous, d’économies, d’impôts et de Cité de la gastronomie.

Les militants du Collectif pour un Audit Citoyen de la dette publique accueillaient les personnes désirant assister au conseil municipal en leur distribuant un tract au sujet des emprunts toxiques : le ton était donné ! Ce conseil municipal allait particulièrement tourner autour des mots-clés : dette, millions d’euros et hausse des impôts.

Plus d’écran noir sur les conseils municipaux

Les internautes avaient critiqué l’arrêt de la retransmission des conseils municipaux lors du retour de François REBSAMEN à la tête de la ville. Aurait-il eu une oreille attentive ? Toujours est-il que le conseil municipal de ce soir était à nouveau disponible en direct, même si la ville n'en n'a pas fait beaucoup de publicité.

Pas de patinoire

François REBSAMEN a confirmé les propos qu’il a tenu dans la presse la semaine passée : il n’y aura pas de patinoire pour le Dijon Hockey Club : il ne s’agissait pas d’une promesse de campagne même s’il avait évoqué à plusieurs reprises lors de ses réunions publiques d’envisager l’étude de la réalisation d’un “palais de la glisse”. Le palais de la glisse restera donc au stade de l’étude, charge à son successeur de le réaliser.

Concernant le Dijon Hockey Club, François REBSAMEN, fan de foot, lui demande d’avoir des résultats sportifs à la hauteur du DFCO plutôt que de réclamer une patinoire. Les dirigeants, joueurs et supporters apprécieront !

Débat d’Orientation Budgétaire

La première partie du conseil municipal était consacrée au débat d’orientation budgétaire. D’après la loi, celui-ci doit se tenir obligatoirement dans les deux mois précédant le vote du budget (sauf pour les communes de moins de 3500 habitants). Il permet d’informer l’assemblée sur la situation financière de la collectivité et de présenter les grandes orientations pour l’année à venir.

Hausse des impôts ou baisse des prestations à la population ?

Face à la baisse des dotations de l’Etat, les finances de la ville comme celles des autres collectivités sont mises à mal. A tel point que François REBSAMEN envisage de revenir sur l’une de ses promesses fortes de la campagne pour les municipales : ne pas augmenter les impôts locaux au dessus du taux de l’inflation. Et son opposition ne s’est pas gênée pour le lui rappeler, tout en lui indiquant que la baisse des dotations de l’Etat qui pénalise aujourd’hui les finances de la ville, est le fait du gouvernement qu’il soutient, et dont il a même fait partie. Edouard CAVIN allant même jusqu’à remettre en cause la politique européenne, sur la maîtrise des déficits publics.

Georges MAGLICA, son adjoint aux finances, pose cartes sur table en énumérant trois scénarios possibles, associant plus ou moins économies, augmentation des impôts et baisse des prestations à la population.

Concernant les prestations à la population, Laurent BOURGUIGNAT remet en cause la gratuité pour tous dans les musées et les bibliothèques. Au passage, il remet également en question la construction de la nouvelle tribune du stade Gaston GERARD ainsi que le recrutement des vingt médiateurs dans les quartiers (qui a beaucoup fait parler au Conseil Départemental).

Et si on baissait les abattements fiscaux ?

Il existe deux manières d’augmenter les recettes fiscales (« dynamiser nos recettes » comme ils disent) : l’augmentation des taux ou l’élargissement de l’assiette en faisant contribuer ceux, qui du fait des abattements, échappent à l’impôt. C’est une idée qui semble trotter dans certains esprits dont ceux de Georges MAGLICA et François DESEILLE. Vous rendez-vous compte, les abattements fiscaux représentent une perte de 20 millions d’euros de recette ! Ça nous rappelle étrangement les messages subliminaux lancés, il n’y a pas si longtemps que cela, au grès des réunions et interviews, par André GERVAIS qui a fini par faire voter au conseil communautaire, la fin de la gratuité des transports en commun pour les personnes privées d’emploi. Nous ne serions donc pas surpris de voir réapparaître cette idée de baisse des abattements tôt ou tard.

Hausse des impôts : juste une parenthèse

François DESEILLE le dit, la hausse des impôts envisagée est juste une parenthèse dans l’engagement de campagne et dès que ça ira mieux, les impôts n’augmenteront pas au-delà de l’inflation conformément aux engagements de la campagne : on le croit ?

Les agents de la ville devront travailler plus

A la veille d’une journée nationale de mobilisation des agents de la fonction publique, Georges MAGLICA annonce aux agents de la ville, qu’ils devront travailler plus. En effet, le temps de travail au niveau national est de 1607h/an/agent, alors qu’à Dijon il n’est que de 1567h/an/agent. Mais ce n’est pas nos élus qui le disent mais les juges de la chambre régionale des comptes dans un récent rapport.

François REBSAMEN a-t’il annoncé la bonne nouvelle aux agents municipaux lors de ses voeux ?

Les revendications des policiers municipaux examinées

On a appris au détour de l’examen d’un voeu déposé par l’opposition municipale, demandant des caméras-piéton, comme celles qui équipent, dans l’agglomération, les policiers municipaux de Chevigny-Saint-Sauveur et de Longvic, que les revendications des policiers municipaux, concernant leur armement, étaient étudiées par Nathalie KOENDERS et Michel JULIEN.

Austérité : pas de “pavillon France” pour la Cité de la gastronomie

François REBSAMEN avait dit qu’il n’augmenterait pas les impôts plus que le taux de l’inflation (oui on se répète), il avait dit aussi que la Cité de la gastronomie ne coûterait pas un sous aux dijonnais. Vous savez quoi ? En fait, elle coûtera un peu, mais seulement 4 millions d’euros soit 2% du coût total du projet se félicite François DESEILLE.

Chers lecteurs, nous vous connaissons et nous savons que vous allez dire : « On va se serrer encore plus la ceinture et pendant ce temps là on va dépenser des millions d’euros dans la Cité de la gastronomie ». Que nenni : Déjà on vous le dit et le répète c’est une chance pour Dijon, du travail pour les entreprises du bâtiment durant la construction, 250 emplois dans la gestion de la Cité dès son ouverture et 16.000 emplois dans le tourisme. Et puis, la cité est également à la diète : économies obligent, adieu l’idée de l’implantation du pavillon France de l’exposition universelle de Milan au sein de la Cité.

Cité de la gastronomie ou le temple maudit d’Indiana Jones

Dans son volet cinéma, la Cité de la gastronomie c’est « Indiana Jones et le temple maudit » tant le mystère est grand et entretenu par la municipalité.

On savait depuis quelques mois qu’elle devrait abriter un multiplexe. On avait appris insidieusement lors d’une présentation que ce multiplexe devrait contenir une salle Art&Essai. Aujourd’hui, lors du conseil municipal on a parlé d’un multiplexe de 10 salles et d’un cinéma de 3 salles. Le mystère autour des opérateurs devrait être levé le 2 février. A suivre…

Appel du pied à François SAUVADET

Face aux contraintes budgétaires, des co-financements du département seraient les bienvenus dans les projets menés par la ville. François REBSAMEN ne comprenant pas que l’Abreuvoir de SALIVES reçoive la même subvention que l’Opéra de Dijon (50.000 €).

François Rebsamen conseil municipal