Police municipale Toulouse par Pablo Tupin Noriega wikimedia france (photo d'illustration)

Les policiers municipaux de Dijon réclament des armes

Les policiers municipaux de Dijon seront en grève ce 24 décembre afin de réclamer au maire de la ville l'autorisation d'être armés.

 

Le 8 janvier dernier, le meurtre d'une jeune policière municipale qui faisait la circulation à Montrouge par Amédy Coulibaly avait relancé le débat sur le port d'arme des policiers municipaux. A l'époque, les policiers municipaux dijonnais avaient signé une pétition réclamant des armes pour se défendre.

Cinq jours après les attentats parisiens du 13 novembre dernier, lors de son discours devant les maires de France réunis au Palais des Congrès de Paris, le Président de la République a proposé à ceux n’ayant pas encore équipé leur police de puiser dans le stock d’armes de la police nationale pour le faire.

François REBSAMEN, a répété à plusieurs reprises qu'il ne souhaitait pas suivre son « ami » François HOLLANDE sur cette question.

Un mois plus tard, le syndicat Force Ouvrière vient de déposer un préavis de grève concernant les agents de la police municipale mais également les agents de surveillance de la voie publique ainsi que les agents de la brigade verte de Dijon pour la journée du 24 décembre.

Ce mouvement vise à revendiquer la dotation de ces personnels, d'armes de poing de catégorie B afin de leur permettre de se défendre dans le cadre de leurs missions.

Suite à l'annonce de François HOLLANDE, les élus du groupe « Union de la Droite et du Centre » du conseil municipal de Dijon s'étaient prononcés en faveur de l'armement de la police municipale :

 

Dijon le 19/11/2015

« Monsieur le Maire, écoutez votre Président ! »

" Le Président de la République a annoncé, devant les Maires de France réunis à Paris le 18 novembre, des mesures destinées à renforcer la sécurité et les moyens d’actions des 3900 polices municipales de notre pays.

L’une des mesures annoncées hier consiste à renforcer et à faciliter les conditions d’équipement et d’armement des polices municipales de France, en particulier en leur permettant d’utiliser les stocks d’armes de la police nationale.

Le groupe Union de la Droite et du Centre soutient ces mesures que nous réclamons depuis des mois mais que le Maire de Dijon se refuse d’adopter par idéologie, refus qu’il a renouvelé cette semaine.

L’armement des polices municipales des grandes villes comme Dijon est désormais une nécessité et nos policiers municipaux le demandent depuis longtemps. Il permet à nos agents d’être plus efficaces en cas d’agressions à l’encontre des habitants mais également d’être en capacité de se défendre eux-mêmes, les policiers devenant les cibles faciles de détracteurs dont le nombre ne cesse de croître.

Il est également évident que l’armement des polices municipales ne peut se faire sans un accompagnement et une formation technique et psychologique adéquate des agents. A cela s’ajoute également l’exigence d’un raccordement de fréquence avec la police nationale, promis depuis des années.

Un Maire a le devoir d’assurer la sécurité de ces concitoyens. Ne pas prendre les mesures qui s’imposent, d’autant plus par des temps troublés, relève de l’irresponsabilité ".

 Les élus du groupe « Union de la Droite et du Centre »

Contacté cet après-midi, Laurent BOURGUIGNAT va au-delà de la question de l'armement et est favorable à une restructuration de la Police Municipale pour pallier au désengagement de l'Etat : « compte-tenu du désengagement de l'Etat de ses missions de sécurité publique (exemple : fermeture du poste de Police de la Fontaine-d'Ouche), je suis favorable à une réforme profonde de la Police Municipale à Dijon, à entreprendre en concertation avec les équipes en place. Refonte des missions, extension des horaires, nouveaux recrutements, modernisation des équipements... Sur la question de l'armement, j'étais jusqu'ici réservé mais je reconnais que ma réflexion évolue avec la nécessité de mieux proteger nos équipes et d'assurer la sécurité des Dijonnais ».

François Rebsamen sécurité police municipale