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Dijon-Besançon : ménager la chèvre et le chou

Si le chef-lieu définitif de la nouvelle région et les sessions devraient rester à Dijon, c’est Besançon qui remporte le siège régional. Une décision qui apparaît pour beaucoup comme une non-décision.

La loi prévoit que l’assemblée régionale doit délibérer avant le 1er juillet 2016 pour rendre un avis sur le chef-lieu définitif de la nouvelle région (aujourd’hui fixé à Dijon à titre provisoire dans l’attente de l’avis du conseil régional et de la décision définitive du gouvernement) et pour décider de l’emplacement de l’hôtel de région et du lieu des réunion des assemblées, ces deux fonctions ne pouvant être situées dans la même ville que le chef-lieu, sauf à réunir l’avis favorable des trois cinquièmes de l’assemblée régionale. Cette délibération doit également préciser l’implantation immobilière des services et les modalités de réunion du conseil économique, social et environnemental régional.

Marie-Guite DUFAY, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté réunira le conseil régional le 24 juin prochain à Dijon et proposera d’abord de rendre un avis favorable à la désignation de Dijon comme chef-lieu définitif de la nouvelle région. Dans un communiqué de presse diffusé ce matin, elle explique son choix par la prise en compte de considérations objectives qui font de Dijon la capitale régionale naturelle :

  • Dijon est l’agglomération la plus importante du point de vue démographique sur l’ensemble du territoire régional ;
  • elle a la vocation à devenir la seule métropole dès que la loi le permettra ;

sa situation au centre de la nouvelle grande région Bourgogne-Franche-Comté et sa meilleure accessibilité du point de vue des infrastructures de transport.

De plus, Marie-Guite DUFAY ajoute : “son développement et son attractivité participent pleinement au développement et à l’attractivité de la nouvelle région qui entend ainsi favoriser une capitale forte au service d’une région forte, à dimension européenne.

La présidente de région propose également de choisir Dijon pour devenir le lieu de réunion des assemblées plénières et des commissions. Cette proposition est principalement motivée par des raisons pratiques et économiques. En effet, seul le site du conseil régional de Dijon bénéficie d’un hémicycle suffisamment grand pour accueillir les 100 conseillers régionaux. La centralité géographique du site de Dijon en fait par ailleurs le lieu le plus accessible : dans une période de forte contrainte budgétaire, limiter les frais de déplacement n’a rien d’anodin. Il est par ailleurs proposé de réunir deux sessions plénières par an de façon décentralisée dans un autre lieu que Dijon ou Besançon.

Afin, dit-elle, « de préserver un aménagement du territoire équilibré », Marie-Guite DUFAY proposera de fixer l’emplacement de l’hôtel de région à Besançon. Cette proposition lui évitant de réunir l’avis favorable des trois cinquièmes de l’assemblée régionale (60 conseillers régionaux).

Concernant les services de région, la présidente proposera à l’assemblée de préserver les deux sites actuels du conseil régional à Dijon et à Besançon en y répartissant les directions de façon équilibrée et cohérente avec la répartition des services de l’Etat avec lesquels la région travaille. C’est ainsi que les directions des transports, de l’aménagement du territoire, de l’agriculture, du tourisme, de la culture et du sport auront vocation, par exemple, à avoir leur siège à Dijon, et que les directions de l’économie, de la formation, de l’éducation, de l’environnement, de la recherche et de l’enseignement supérieur auront vocation à avoir leur siège à Besançon. La région confirme par ailleurs son engagement à n’imposer aucune mobilité géographique aux agents et à maintenir un haut niveau de dialogue social pour faire en sorte que les personnels de la région bénéficient des meilleures conditions de travail pour rendre à la population un service public performant.

Concernant le CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental), ses réunions devraient se dérouler en alternance entre Dijon et Besançon voire dans l’ensemble de la région.

Enfin Marie-Guite DUFAY souhaite un aménagement territorial qui dépasse la simple localisation des institutions, et vise à la construction d’une grande région équilibrée, déconcentrée, et garante du maintien des services de proximité à la population sur l’ensemble de ses territoires, avec une attention particulière aux territoires ruraux voire enclavés et aux quartiers prioritaires de la politique de la ville. « J’irai plus loin en proposant un pacte métropolitain avec Dijon et Besançon, pour accompagner au mieux leurs projets de développement et fonder la nouvelle région sur une dynamique de coopération s’étendant à l’échelle de tout l’arc métropolitain Rhin-Rhône allant de Belfort et Montbéliard à Chalon-sur-Saône et Mâcon en passant par Dole, le Creusot et Montceau-les-Mines. Au-delà, c’est sur l’ensemble du territoire régional, jusqu’aux confins du Morvan et du sud du massif vosgien, en confortant chacune des villes-centres des différents départements et en inventant de nouvelles ruralités plus actives, que la région doit accompagner en proximité les initiatives de terrain et susciter l’innovation dont nos concitoyens ont tant besoin. C’est sur ce socle  (arc métropolitain, villes-centres des départements et villages du futur) que j’entends construire une politique d’aménagement du territoire équilibrée et innovante. » Dans cette perspective, la présidente proposera également de réunir deux sessions plénières par an de façon décentralisée dans un autre lieu que Dijon ou Besançon.

conseil régional Marie-Guite Dufay