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Rémi DELATTE : « rétablir l'État dans son droit »

Quelques heures avant le vote de la prolongation de l'état d'urgence, dans un communiqué adressé à la presse, Rémi DELATTE, Député de la Côte-d'Or, s'est exprimé après un silence volontaire «sur un sujet qui interdit toute polémique, mais aussi toute demi-mesure ».

A Nice, la douleur de la Nation exige la défense la plus ferme de nos valeurs

L'émotion est encore vive. Mais, cinq jours après le terrible attentat de Nice qui a décimé des familles entières dont certaines sont encore dans une douloureuse attente, j'ai souhaité prendre, comme responsable politique et comme politique responsable, le temps de m'exprimer sur un sujet qui interdit toute polémique, mais aussi toute demi-mesure.

Exprimer ma solidarité, et ma communion de pensée avec les proches de ceux frappés par la barbarie aveugle du salafisme, ainsi que ceux qui ont vécu de si près l'horreur d'un 14 juillet qui voulait rassembler les générations, les classes sociales, les héritages culturels, autour des valeurs de notre République fraternelle.

Mais exprimer aussi, et c'est la dette que nous avons envers ces 230 morts en France du fanatisme depuis 18 mois, ma conviction que nous n'avons plus le temps d'attendre. Tant de vies brisées doivent nous amener à saisir l'urgence de rétablir l'État dans son droit.

Le droit de frapper partout où ses intérêts son menacés. C'est le cas du Levant, de l'Arabie Saoudite et plus largement du Moyen-Orient, où Daesh martyrise des populations, des religions, des peuples entiers. C'est avec toute la force et la puissance des grandes nations qui ont, dans le siècle dernier, défait une même folie exterminatrice, que nous devons agir afin de faire reculer puis aénantir les tenants d'un auto-proclamé État islamique. C'est là tout l'enjeu de notre politique diplomatique et de défense qui se concentre aujourd'hui inutilement sur la Russie.

Le droit de protéger ses frontières, par un renforcement sans commune mesure des frontières extérieures de l'Europe, et un déploiement des contrôles sur notre territoire pour repérer et chasser ceux qui, sur le territoire de la République Française, viennent gangréner ce dernier de leur idéologie haineuse.

Le droit de se prémunir de telles attaques qui, si elles ne sont pas évitables en totalité et en permanence, ne sauraient bénéficier de quelque faille de notre part qui soit. C'est pourquoi j'appelle à des mesures fortes qui ne peuvent plus, comme cela a trop été le cas, être balayées d'un revers de main. Par la pénalisation effective de la consultation des sites et vidéos appelant au Djihad ou à la commission d'actes terroristes sur notre territoire ; par la fermeture des lieux de culte salafistes et l'expulsion de leurs prêcheurs ; par un rétablissement des perquisitions administratives de nuit qui n'auraient jamais du être supprimées en avril dernier ; par la mobilisation, au travers d'effectifs renforcés, de l'ensemble de nos forces de l'ordre pour anéantir la radicalisation et ses ramifications dans la petite délinquance comme dans la grande criminalité ; nous pourrons garantir la sécurité des Français et la solidité de notre Nation.

C'est là notre devoir. Celui du Chef de l'État, celui du Gouvernement et du Premier Ministre, qui doivent désormais répondre aux attentes des Français par des actes. Celui des Parlementaires, parmi lesquels je débattrai ce soir de la prorogation de l'état d'urgence. Un débat qui, sans céder aux tentations polémiques, ne doit pas se résumer à un débat pour la forme. Ce soir, à l'Assemblée Nationale, soyons au rendez-vous, soyons à la hauteur.

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