Cité de la gastronomie, bluff et esbrouffe au menu

Réaction des conseillers municipaux de Dijon, Ludovic BONNOT et Franck AYACHE suite aux récents développements du dossier.

En lançant une grande offensive médiatique visant un recours qui bloquerait le démarrage du projet de la Cité de la Gastronomie, le Maire de Dijon semble tenter désespérément de masquer l’état de sinistre avancé du dossier.

Le recours en question est le second sur le même sujet (l’opérateur évincé, SEGER a déjà fait un recours devant le tribunal administratif). Les deux portent sur la procédure suivie par l’équipe municipale pour accorder à EIFFAGE la gestion du projet sans recourir à un appel d’offres. Et comme tous les recours, ils ne sont pas suspensifs. Rien n’empêche le projet d’avancer sauf que, en réalité, si le dossier est bloqué aujourd’hui, c’est probablement pour d’autres raisons que celle claironnée dans les médias !

En effet, une telle procédure, sans appel d’offres, est certes possible à la condition que de l’argent public ne soit pas investi dans le projet. Or aujourd’hui, là est le problème....Plus le projet avance, plus des millions d’euros d’argent public sont déversés...Nous ne pouvons donc expliquer l’offensive médiatique du maire de Dijon, Président du Grand Dijon, que par un doute légitime qui l’a saisi quant à la légalité de la procédure suivie. S’il était si sûr de son bon droit, il n’aurait pas fait appel au ban et à l’arrière ban du monde économique, avec pour objectif d’intimider les requérants et d’obtenir ainsi le retrait du recours.


Le problème de ce dossier n’est pas juridique mais économique :

Comme nous n’avons cessé de le rappeler, il y a la concurrence de différents projets comme ceux de l’Hôtel de la Marine à Paris, de la cité de la gastronomie de Lyon ou, plus proche de nous, de la « Cité des Vins » à Beaune. Une concurrence qui réduit l’attractivité de Dijon et hypothèque la rentabilité du projet.

Consciente de ce problème de rentabilité, l’équipe municipale a voulu doper son projet : en plus d’un prix de vente de l’ancien hôpital très avantageux, et de la possibilité de faire une opération immobilière très intéressante, le gestionnaire (Eiffage) choisi hors appel d’offres, s’est vu offert la possibilité d’un multiplexe cinématographique pour booster la fréquentation. Problème... Pour habiller Pierre (la Cité) il fallait déshabiller Paul (le centre-ville). C’était sans tenir compte de l’avis des principaux intéressés: les habitants, mais aussi les propriétaires et exploitants des salles de centre-ville...

A ces derniers, sommés de déménager, on demandait en outre de décaisser 8 M € d’euros, réclamés par EIFFAGE pour l’installation du complexe !

Pratique typique des socialistes qui veulent faire le bonheur des gens malgré eux...

Or les différents exploitants soit ne sont pas intéressés par le projet soit y sont opposés. La propriétaire des cinémas DARCY et Olympia l’a fait savoir à de nombreuses reprises dans la presse, y compris en signant la pétition demandant le maintien des cinémas en centre-ville.

Depuis le grand show médiatique du 2 février 2016 au cours duquel tout devait nous être dévoilé, le dossier traîne et rien n’y fait : ni les millions déversés par Manuel Valls, ni ceux du Conseil Régional, ni la prise en charge des frais de gardiennage du site par la ville de Dijon (100 000 € par mois), ni même le dernier cadeau en date : un parking silo de 7,5 M € offert par le Grand Dijon... Un reniement total de la majorité écolo-socialiste, qui refusait obstinément par idéologie, depuis des années, toute construction de parking silo en centre-ville.

L’Opérateur choisi, EIFFAGE, ne s’y est d’ailleurs pas trompé, habitué qu’il est de ce type d’appels d’offres, il a introduit dans le contrat de vente de nombreuses conditions suspensives comme par exemple la présence des cinémas sur le site et la purge de tous les recours. Là est la véritable explication. Résultat, les retards s’accumulent et le projet vacille un peu plus chaque jour.

Et dans cette affaire, « Com », bluff et esbroufe ne sont que les soins palliatifs d’un projet bien malade !



Franck Ayache –Ludovic Bonnot –UDI Dijon

 

 

cinéma François Rebsamen UDI cité de la gastronomie Franck Ayache Ludovic Bonnot