Coiffeuse

Les métiers de l'artisanat resteront des métiers qualifiés

Emmanuel MACRON souhaitait assouplir l’exercice de certaines activités artisanales. Face aux critiques, le ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, est finalement revenu sur son texte.

Initié par Emmanuel MACRON, ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, l’article 43 de la loi Sapin II tendait à permettre à des autoentrepreneurs non diplômés de pouvoir exercer certains métiers artisanaux comme coiffeur dont l’exercice est subordonné à des conditions de diplôme.

Directement inspiré du rapport ATTALI sur la croissance - comme d'ailleurs de nombreuses dispositions défendues par Emmanuel Macron qui était... le rapporteur de la mission Attali - remis en 2008, ce fameux article 43 visait selon le ministre de l'Economie, à « faciliter la création et le développement d'activités et d'emplois par les travailleurs indépendants ». Mais de préciser qu'il fixe des garde-fous : « tout ce qui relève de la santé et de la sécurité sera préservé et relèvera bien d'une qualification, mais des tâches détachables de certains métiers, dans un juste contrôle, pourront être ouvertes pour que l'on crée plus facilement son activité ».

Finalement, face à l’opposition du monde de l’artisanat mais également de certains ministres du gouvernement, Emmanuel Macron a lui-même annoncé, jeudi 9 juin dernier, en séance à l'Assemblée nationale, qu'il renonçait à cette disposition.

Dans un communiqué de presse, la CGPME Côte d’Or, estime qu’« une telle mesure revenait à dévaloriser des métiers en donnant le sentiment que tout le monde pouvait s'improviser coiffeur, plâtrier, esthéticienne… »

Pour Benoît WILLOT, Président CGPME Côte d’Or et Bourgogne Franche-Comté, il s'agissait là d'une véritable offense aux professionnels qualifiés qui se voyaient menacés d'une nouvelle forme de concurrence déloyale, au mépris du consommateur et de la qualité du service rendu. De plus, toujours pour la CGPME Côte-d’Or, « ce projet remettait en cause l'utilité même des formations suivies par plusieurs centaines de milliers d'apprentis » rejoignant là Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, qui était plus que sceptique contre cette réforme, à l'heure où tout est fait pour valoriser l'apprentissage. L'UPA (Union professionnelle artisanale) précisant : « En Allemagne, là où l'accès à des métiers ont ainsi été libéralisés, on a immédiatement assisté à la chute de l'apprentissage ».

La CGPME qui s'est mobilisée pour éviter la dévalorisation des métiers de l'artisanat par ce texte, se réjouit donc de l'adoption de l’amendement prévoyant que la qualification reste nécessaire, tout en se félicitant de l'avancement de la VAE dans l'artisanat.

En outre, la CGPME Côte d’Or indique qu’elle « portera haut les couleurs de l'artisanat lors des prochaines élections aux Chambres des métiers et ce au travers de liste d'union, sous le vocable "Fiers d'être artisans". Un slogan plus que jamais d'actualité ».

artisanat Benoît WILLOT CGPME