Le trottoir de la discorde

Le trottoir de la discorde

Une quinzaine d’habitants du quartier des antiquaires à Dijon protestent contre l’annexion d’un trottoir par un restaurateur.

Peut-être avez-vous remarqué comme nous, en vous promenant ce week-end dans le quartier des antiquaires au centre-ville de Dijon, rue Verrerie, des pancartes aux fenêtres d’un immeuble en guise de protestation contre un restaurateur qui a annexé depuis juillet dernier, le trottoir situé entre son établissement et la terrasse installée sur une zone de stationnement, obligeant ainsi, les piétons, à emprunter la chaussée avec la bénédiction municipale qui a réalisé un marquage au sol en ce sens. Peut-être que l’aménagement d’une zone de rencontre aurait été plus adéquat ?

Le trottoir de la discorde 2

Il s’agit d’une quinzaine de voisins qui se sont réunis en un collectif pour protester contre cet état de fait. Nous avons rencontré l’un des membres de ce collectif qui nous a confié : « Nous n’avons pas la volonté de défigurer le quartier, c’est pourquoi ces pancartes ne sont pas mises en permanence, nous avons profité du beau temps de ce week-end et de la brocante dans le quartier pour les ressortir, c’est notre seul moyen d’expression ». Et c’est vrai qu’ils ont l’impression de ne pas être entendu par les élus municipaux qui, s’ils répondent aux courriers, ne les ont pas reçu à ce jour. De même, malgré plusieurs demande en ce sens, la mairie ne leur communique pas la copie de l’autorisation de terrasse délivrée au restaurateur. Le représentant du collectif, ajoutant qu’il n’a rien contre le commerce mais qu’il souhaite juste que les choses soient faites dans les règles et qu’il juge que dans le cas présent que tout n’est pas mis en oeuvre pour assurer la sécurité des piétons. Les membres du collectif souhaitent que le trottoir soit remis à la disposition des piétons comme auparavant.

La zone de rencontre

Une « zone de rencontre », en droit, est une zone particulière de circulation en agglomération.

Cette notion a été introduite dans le code de la route en juillet 2008. Elle complète deux autres dispositifs juridiques existants, « l’aire piétonne » et la « zone 30 ». Cependant, aucun de ces deux outils ne comportait une totale mixité entre tous les usagers sur une partie de la voirie urbaine : piétons, cyclistes, usagers motorisés, transports en commun… Avec les « zones de rencontres », au contraire, on cherche à faire cohabiter de manière apaisée dans un même espace les piétons et les véhicules.

Au sein de ces zones :

les piétons peuvent circuler sur la chaussée sans y stationner,

les piétons ont la priorité sur les véhicules, à l’exception du tramway,

tous les véhicules peuvent y circuler (voiture, vélo, bus...), mais ceux motorisés ne peuvent pas excéder une vitesse de 20 km/h.

La « zone de rencontre » correspond ainsi à des espaces publics où l’on souhaite favoriser les activités urbaines et la mixité des usages sans pour autant s’affranchir du trafic motorisé : rues résidentielles, quartiers historiques, places, sorties d’écoles, rues commerçantes etc. Plus ou moins étendue, ses dimensions doivent rester toutefois compatibles avec une vitesse limite très basse pour les véhicules et une attention soutenue des conducteurs du fait de la priorité piétonne.

Une « zone de rencontre » est créée par un arrêté local de l’autorité détentrice du pouvoir de police de la circulation (généralement le maire en agglomération). Un second arrêté rend applicables les règles particulières de circulation sur la base de l’aménagement cohérent des zones et la mise en place de la signalisation correspondante.

Les entrées et sorties de cette zone doivent être annoncées par une signalisation :

Panneaux signalisation zone rencontre