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Dijon : La municipalité relance la guerre des cinémas

Pour assurer la viabilité de sa cité de la gastronomie, la municipalité de Dijon est prête à tout y compris raviver la guerre des cinémas.

Dans le milieu très fermé de l’exploitation cinématographique dijonnaise la concurrence y est étonnamment âpre depuis des années entre les trois exploitants en place :

  • Line DAVOINE, groupe Ciné-Alpes : Le Cap Vert à Quetigny (12 salles, 2400 places) et le cinéma Devosge (5 salles, 750 places), soit au total : 17 salles, 3150 places.
  • Sylvie du PARC, groupe MJM : Le Darcy (6 salles, 957 places) et l’Olympia (10 salles, 1600 places), soit au total 16 salles, 2557 places.
  • Matthias CHOUQUER, le dernier venu : L’Eldorado (3 salles, 400 places)

Depuis 1999, date de création du multiplexe CAP VERT à Quetigny, l’Eldorado s’est toujours dit en difficulté et proche de la disparition. Un scénario resservi en 2007 avec l’ouverture de l’Olympia et plus récemment l’an dernier pour faire éponger par les spectateurs une dette d’exploitation.

Ainsi, en mai 2015, le cinéma Art&Essai qui se disait une nouvelle fois proche de la disparition lançait une souscription. Un an plus tard, le petit cinéma se porte nettement mieux puisqu’il est aujourd’hui en capacité d’investir dans la cité de la gastronomie. En outre, les affaires sont les affaires, et les ennemis d’hier (le groupe Ciné-Alpes et l’Eldorado) ont su s’entendre autour du projet de multiplexe à la Cité de la gastronomie et tant pis pour les salles du centre-ville pourvu que l’Eldo sauve sa peau. Le projet de la cité de la gastronomie prévoit déjà dans un premier temps la fermeture des cinq salles du cinéma Art & Essai Devosge. Dans un second temps, si les spectateurs sont au rendez-vous du projet de la cité de la gastronomie, il y aura à coup sûr des conséquences sur la fréquentation du Darcy et de l’Olympia qui pourraient être amenés à disparaître.

Le projet

A l'origine, il était prévu un seul multiplexe de 13 salles. Ce seront finalement deux cinémas avec des programmations différentes. Ciné Ducs, appartenant à CinéAlpes, sera un multiplexe généraliste composé de 9 salles alors que Supernova, exploité par une Scop (Société coopérative et participative) créée par les salariés de l’Eldorado, sera un établissement indépendant de 4 salles avec une programmation exclusivement composée de films recommandés art et essai.

Ces deux cinémas, qui devraient accueillir 500 000 visiteurs par an, devraient apporter des innovations dans l'univers du 7e art : location en ligne avec choix des places et « fauteuils love » pour Ciné Ducs, ciné cabaret et cinéma en plein air sur le toit-terrasse pour Supernova...

Des craintes sur l’avenir des cinémas du centre-ville

Que ce soit de la part du maire ou de son adjoint en charge du dossier de la cité de la gastronomie François DESEILLE, il a toujours été question de « réorganisation de l’offre cinématographique du centre-ville » et de transfert de salles. Au final, ce sont la création de 10 salles supplémentaires dans une ville que l’Eldorado qualifiait de « sur-équipée » à l’occasion de l’ouverture de l’Olympia. Qui se rappelle encore qu’en 2007 l’Eldorado appelait à manifester devant la mairie « pour défendre avec force la diversité cinématographique locale » et collectait 10 000 signatures pour une pétition en ce sens, adressée au maire, François Rebsamen ?

Depuis le début du projet, François-Xavier DUGOURD, 1er  Vice-président du Conseil départemental, Conseiller départemental du canton de Dijon I, s’est inquiété de l’avenir des cinémas du centre-ville sans être entendu par le maire de Dijon :

La presse locale vient de dévoiler le projet définitif des cinémas dans le cadre de la Cité de la Gastronomie.
Cela confirme malheureusement nos craintes.
En effet, le Maire de Dijon reste sur son idée initiale : tenter, tant bien que mal, de trouver un équilibre économique à ce projet mal engagé de la Cité de la Gastronomie.
Pour y parvenir, il n’écoute pas les Dijonnais qui ont signé les pétitions « Sauvons nos Cinés ». Il n’a pas hésité non plus à camoufler ou à travestir la vérité (cf. les multiples déclarations municipales assurant que le projet ne se ferait que par transfert de salles) et à se cacher maintenant derrière le paravent d’Eiffage.
Aujourd’hui, le masque est tombé. Ce sont donc 13 salles et 2130 sièges qui ouvriront.
Conséquence directe : la mort programmée des 3 cinémas du centre ville, par fermeture pour le Devosge, par asphyxie pour les deux autres, Darcy et Olympia.
Conséquence indirecte : un nouveau coup fatal à ce centre ville, déjà bien mal en point.”

Il invite tous ceux qui sont inquiets pour l’avenir des cinémas du centre-ville et des commerces qui gravitent autour à le rejoindre :

Face à cette situation, plus que jamais, il faut poursuivre le combat :
A titre personnel, j’étudie tous les moyens, y compris juridiques, pour m’opposer à cette décision.
J’invite tous les Dijonnais, et au-delà les Côte-d’Oriens, qui aiment le centre ville de Dijon, à  rejoindre le collectif sauvons nos cinés (facebook.com/sauvonsnoscines/) et à signer la pétition :
https://www.change.org/p/mairie-de-dijon-maintenir-les-cin%C3%A9mas-en-centre-ville

Selon les prévisions, la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin de Dijon devrait ouvrir ses portes en 2019, sur le site de l'hôpital général. Situé en centre-ville, aux portes du secteur sauvegardé, ce nouveau quartier abritera, en plus des cinémas, des espaces d'expositions et de réception, un pôle de formation, un hôtel, des bars à vins, des restaurants et commerces dédiés exclusivement aux métiers de bouche et à la gastronomie, ainsi qu'un éco-quartier de plus de 800 logements.

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