Terrorisme : 11 sites SEVESO potentiellement menacés ?

Terrorisme : 11 sites SEVESO potentiellement menacés ?

Dépôt pétrolier des rafineries du Midi à Dijon (Crédit photo : CC-BY-SA-NC 3.0 Dijon21.info)Le 14 juillet dernier deux cuves contenant des produits inflammables explosaient sur le site pétrochimique LyondellBasell situé au bord de l'étang de Berre. L'enquête s'oriente vers la piste de l'acte malveillant. Cet accident intervient quelques jours seulement après l'attentat de Saint-Quentin Fallavier qui visait également un site classé SEVESO. Le département de la Côte-d'Or compte 11 sites classés SEVESO et le CLAPEN 21 demande un renforcement des mesures de sécurité contre les actes de malveillance dont ces sites pourraient faire l'objet.

 

La France reste une puissance industrielle qui compte 500 000 installations classées. Il s’agit d’un régime qui impose des règles particulières au regard de la dangerosité de l’activité ou des substances utilisées. Parmi ces installations, dans le département de la Côte-d’Or, 11 sont classées Seveso. Les activités concernées présentent des risques sanitaires et environnementaux majeurs.

Etudes des dangers et système de gestion de la sécurité s’imposent aux exploitants pour anticiper les accidents et prendre des mesures d’endiguement. Cependant, ces mesures sont davantage consacrées aux risques de dérapages internes de l'installation que sur les agressions externes. Au regard des évènements récents, la question de la prise en compte des actes de malveillance est soulevée. Alors que les sites Seveso faisaient déjà l’objet d’une surveillance accrue, l’incendie de lundi pointe les limites des études précitées.

Parmi les éléments susceptibles d'accroître les risques de malveillance et encore peu évoqués, il ne faut pas négliger l'explosion de la sous-traitance qui amène sur ces sites, souvent très grands, de très nombreuses personnes appelées à y travailler parfois quelques jours ou quelques semaines seulement.

Pour un contrôle mieux organisé des industries

Le contrôle des ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) relève de la compétence de l’Etat, qui dispose de 1250 inspecteurs chargés d’instruire les dossiers, et de contrôler les sites. Si on compare les 1250 inspecteurs aux 500 000 ICPE, les services de l’Etat sont bien maigres, et ce sous-effectif constant nuit à la bonne gestion des risques dans les installations. Si les risques sont plus importants dans les sites SEVESO, les sites de moindre importance recèlent aussi des dangers et sont parfois bien  moins contrôlés. Pour faire des économies et ne pas renforcer le nombre d'inspecteurs, l'Etat s'efforce depuis quatre  ans de « rétrograder » une part importante de ces ICPE du statut « à autorisation » au statut « à enregistrement » évidemment bien moins contrôlé. Si les Seveso sont visités au moins une fois par an, cette visite relève parfois de la routine réglementaire. Les visites inopinées représentent moins de 20% des visites.

Pourtant, la France a connu la catastrophe d’AZF. En 2003, une politique de réduction des risques à la source et d’éloignement des populations était alors mise en place. 14 ans plus tard, 80 % des plans de prévention des risques technologiques sont adoptés mais aucun n’a encore été mis en œuvre, en tout cas sur les aspects fonciers. Les populations riveraines sont toujours exposées aux effets d’un accident.

 

Le CLAPEN 21, affilié à France Nature Environnement, fédère sur le département de la Côte-d’Or 16 associations de protection de l’environnement et des consommateurs (soit 16 800 adhérents).

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